Aéronautique : le projet Fantom automatise le contrôle non destructif des composites
Le projet Fantom vise à pallier le manque de flexibilité des moyens de contrôle usuels dans le secteur aéronautique en développant un système robotisé pour des structures de grandes dimensions ou de géométrie complexe. Développé par l’IRT Jules Verne et ses partenaires Airbus, Axiome, Daher, Testia et le CEA List, il vient d’être clôturé après trois années de recherches.
L’IRT Jules Verne et ses partenaires Airbus, Axiome, Daher, Testia et le CEA List viennent de clôturer le projet Fantom, un programme collaboratif consacré à l’automatisation du Contrôle Non Destructif (CND) pour l’industrie aéronautique. Ce projet a mobilisé durant trois ans les expertises des partenaires afin de concevoir une plateforme d’inspection automatisée des pièces composites de grandes dimensions intégrée aux lignes de production industrielles.
La flexibilité de cette solution mobile permet de réaliser les opérations de contrôle avec précision tout en réduisant le temps d’immobilisation des pièces, un enjeu crucial pour la montée en cadence de l’industrie aéronautique.
« Ce projet a permis de lever des verrous technologiques majeurs. Grâce à Fantom, nous avons franchi une étape cruciale vers un contrôle non destructif plus intelligent, plus agile et mieux adapté aux besoins industriels actuels et futurs. », se réjouit Nicolas Colin, leader technique du projet et expert en CND à l’IRT Jules Verne.

Des effecteurs d’inspection incluant une sonde ultrasonore à membrane flexible, ont été développés par l’entreprise française Imasonic, spécialisée dans la conception et la fabrication de transducteurs à ultrasons, pour un contrôle de haute précision sans préparation complexe.
La plateforme fait appel à l’intelligence artificielle, intégrée pour réduire le risque d’erreur humaine, pour l’analyse des défauts et l’optimisation des trajets de contrôle.
Une interface opérateur facilitant la supervision et l’exploitation des données collectées grâce au logiciel de post-traitement NDTkit a par ailleurs été développée pour l’occasion par Testia, filiale d’Airbus spécialisée dans l’intégrité structurelle et le contrôle non destructif.

L’adaptabilité de la plateforme permet son déploiement au-delà du secteur aéronautique, vers d’autres industries telles que l’énergie ou le naval. « Le projet Fantom illustre parfaitement la force d’une collaboration industrielle autour d’un enjeu technologique stratégique. Nos avancées permettent aujourd’hui d’envisager une intégration plus fluide et efficace du CND dans l’usine du futur », souligne ainsi Aurélien Lunion, chef de projet à l’IRT Jules Verne.