Daher confirme un avion électrifié pour 2027
En marge de la présentation de son bilan de l’année 2024, avec un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros, dont 55% à l’international, Daher a confirmé qu’il présenterait un avion électrifié en 2027. Pas 100 % électrique, mais « tout ce qui peut être électrifié le sera », assure Didier Kayat, P-DG du groupe.
Lors de la présentation du bilan de l’année 2024, Didier Kayat, P-DG de Daher, a rappelé que le groupe suivait les jalons du plan stratégique « Take off 2027 », défini en 2022. « Le cap est fixé même si nous nous adaptons aux circonstances. Le fait de nous appuyer sur quatre métiers, Aéronautique, Industrie, Services industriels, et Logistique, nous permet d’enjamber les crises que connaît le secteur aéronautique et de faire preuve d’une grande résilience », expose-t-il, avant d’ajouter : « Nous avons beaucoup investi ces dernières années, avec des acquisitions significatives dans nos différents métiers, comme celle de KVE Composites, spécialiste de la soudure des composites thermoplastiques, par exemple. Ces opérations de croissance externe nous ont permis de devenir ce que nous sommes et aujourd’hui, nous devons relever le double défi de l’amélioration de notre rentabilité et des investissements de l’aviation du futur ».
Une nouvelle organisation managériale pour Daher
En 2024, Daher a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros, dont 55% à l’international, avec 14 000 salariés, dont 2 500 recrutements (1 700 en France). Le groupe a livré 82 avions (56 TBM et 26 Kodiak), majoritairement aux Etats-Unis. Daher a poursuivi sa transformation et son internationalisation en 2024 en mettant notamment l’accent sur l’amélioration de l’efficacité opérationnelle et une nouvelle organisation managériale avec des patrons de divisions pour chaque métier. L’innovation est aussi restée centrale avec ses 3 « tech centers », Shap’ing (pour la conception de structures aéronautiques plus légères, plus performantes et recyclables), Log’in et Fly’in. Dans ce périmètre, Daher cherche à multiplier les partenariats, avec des industriels, des start-up et des institutions académiques. « S’il y a un point de faiblesse à reconnaître en 2024, il se situe au niveau de la rentabilité, que nous pouvons encore améliorer », pointe Didier Kayat. L’Ebitda a toutefois progressé de 1 point.

Daher pourrait atteindre le cap des 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025
Pour sa guidance 2025, Daher reste confiant, rappelant qu’il fait valoir un carnet de commandes représentant 2,5 ans de chiffre d’affaires. Le groupe vise d’ailleurs un chiffre d’affaires compris entre 1,9 et 2 milliards d’euros, ce delta étant conditionné par les capacités de ses clients avionneurs à monter en cadence. Simultanément, Daher compte donc travailler à l’amélioration de sa rentabilité. Le groupe va aussi continuer à recruter, 2 500 embauches étant programmées, 1 600 en France, devant les Etats-Unis où il faudra staffer l’usine de Stuart et l’Allemagne. « Nous recherchons des profils d’ajusteurs, de mécaniciens, de spécialistes du drapage et du moulage des composites, ou encore d’experts du contrôle qualité, sans oublier les profils logistiques pour notre division dédiée », détaille Jérôme Leparoux, secrétaire général & directeur des ressources humaines du groupe.

L’immense défi de la décarbonation est à l’agenda
La feuille de route comprend un soin particulier porté à la sécurité des salariés pour réduire les incidents. Une problématique qui se propose à toute la filière car après les dégâts du Covid, il a fallu souvent recruter massivement, dont des collaborateurs sans expérience ou issus d’autres secteurs que l’aéronautique.
Par ailleurs, la décarbonation reste bien entendu un objectif central, y compris pour éviter le « plane bashing » et c’est pourquoi Daher a confirmé son engagement pour les Accords de Paris. Didier Kayat confirme que le groupe présentera un avion électrifié en 2027, tenant ainsi sa promesse dans le prolongement du projet pilote EcoPulse mené avec Safran et Airbus, et avec le soutien du CORAC et de la DGAC. Mais il ne s’agira pas d’un avion 100 % électrique. « Ce ne sera pas sur le modèle de l’automobile car la technologie des batteries est encore trop limitée. Nous allons donc électrifier tout ce que nous pourrons, mais les détails sont encore confidentiels », souligne Didier Kayat, tout en rappelant que la décarbonation de l’aviation passe aussi impérativement par une sécurisation des volumes de SAF (Sustainable Aviation Fuel) et par de nombreux ajustements organisationnels à plusieurs niveaux (plans de vol, durée de roulage au sol, etc.).

Daher va porter sa capacité annuelle de production à 150 avions dans un premier temps
Enfin, Daher va continuer de travailler sur l’optimisation de ses capacités de production, en lien avec ses partenaires fournisseurs. A court-moyen terme, le groupe aura une capacité de production comprise entre 150 et 180 avions par an, autour de trois sites. Un objectif que Didier Kayat rapporte aux 82 livraisons de 2024 pour montrer le chemin qui reste à parcourir. Sachant que c’est un enjeu commercial et concurrentiel névralgique car des avions comme les TBM sont souvent « des achats d’impulsion » et les clients n’aiment guère avoir à attendre trop longtemps.
Cover photo: EcoPulse ©Jean-Marie Urlacher