Malgré ses bons résultats, Airbus reste prudent pour 2024
Après avoir confirmé sa position de leader mondial de l’aéronautique devant Boeing, Airbus a publié de très bons résultats financiers, avec un chiffre d’affaires en progression de 11 % à 65,4 milliards €. Guillaume Faury, président exécutif du groupe, reste cependant prudent pour 2024 ne négligeant pas la difficulté d’accompagner la croissance au niveau opérationnel.
Après avoir annoncé la livraison de 735 avions commerciaux en 2023, Airbus a confirmé son dynamisme économique. L’EBIT ajusté ressort à 5,8 milliards € et le free cash flow (avant fusions et acquisitions et financements-clients) à 4,4 milliards €.
Le résultat net est le seul indicateur financier en repli (-11 % à 3,78 milliards €), principalement à cause de l’activité d’Airbus Defence and Space. Guillaume Faury a pris des mesures pour redresser la division spatiale qui accueillera Alain Fauré à sa tête au premier mars 2024. Les prises de commandes d’Airbus Defence and Space ont cependant augmenté de 15 % à 15,7 milliards €.
Par ailleurs, les activités d’Airbus Helicopters ont été stables au niveau des livraisons d’engins, mais ont sensiblement amélioré leur profitabilité avec un EBIT ajusté de 735 millions €, contre 639 millions € en 2022.
Airbus a un portefeuille de plus de 8 500 avions commerciaux
Dans le périmètre des avions commerciaux, en 2023, Airbus a enregistré 2 094 commandes nettes, après annulations, plus du double qu’en 2022. Un porte-parole du groupe indique que « le carnet de commandes atteignait 8 598 avions commerciaux à fin décembre 2023.»
Airbus Helicopters fait aussi valoir un solide niveau de commandes nettes (393 unités contre 362 en 2022). Malgré d’autres difficultés, Airbus Defence and Space est dynamique sur le front des commandes. Par exemple, au quatrième trimestre de 2023, la division a enregistré une commande de 16 avions cargos C295 destinés à l’Espagne.

« Les prises de commandes consolidées ont augmenté à 186,5 milliards € (82,5 milliards € en 2022), portant la valeur du carnet de commandes consolidé à 554 milliards € au 31 décembre 2023 (449 milliards € fin 2022) », précise un porte-parole du groupe.
Airbus s’attache à bien manager le risque de la montée en cadence de production
Le dynamisme du groupe est naturellement salué à sa juste valeur par Guillaume Faury qui reste néanmoins prudent à l’heure de révéler sa guidance 2024. D’une part, parce que les incertitudes géopolitiques et économiques mondiales demeurent fortes. D’autre part, parce qu’il faut être en mesure de monter en cadence en production, malgré une supply chain encore fragile et des difficultés pour recruter du personnel qualifié. Le groupe vise donc « environ 800 livraisons d’avions commerciaux, un EBIT ajusté compris entre 6,5 milliards € et 7 milliards €, et un flux de trésorerie disponible, avant financements-clients, d’environ 4 milliards €. »

Du point de vue du volume de livraison, ce serait un retour au niveau d’avant Covid-19. Concrètement, le plus difficile sera d’assurer une montée en puissance homogène avec les différents fournisseurs de la chaîne d’approvisionnement, environ 18 000 entreprises. En creux se trouvent les problèmes de qualité actuels rencontrés par Boeing. Guillaume Faury n’élude pas la question : « Nous avions identifié ce risque dès 2021. C’est d’ailleurs un des facteurs qui a expliqué notre difficulté à livrer autant que nous le souhaitions en 2022. Après un coup d’arrêt comme la crise sanitaire, le ramp up est toujours délicat et réclame d’importants efforts de formation, de captation de compétences pour ne pas augmenter le facteur risque en qualité et en sécurité. Au sein d’Airbus, et avec nos partenaires, nous avons déployé beaucoup d’efforts pour manager ce risque de manière optimale. »
Airbus augmente ses capacités de production partout dans le monde
La montée en cadence du programme A220 se poursuit avec l’objectif de produire 14 avions par mois en 2026. Le programme A320 est aussi en bonne voie pour atteindre une cadence de production mensuelle de 75 avions en 2026. Airbus étend ses capacités de production sur les sites de Tianjin (Chine) et de Mobile (États-Unis), en ouvrant de nouvelles lignes d’assemblage. Rappelons que la nouvelle chaîne d’assemblage final d’A320 de Toulouse a livré son premier appareil en décembre 2023. Enfin, sur le segment des gros-porteurs, le groupe confirme viser une cadence de 4 avions par mois pour l’A330 en 2024 et de 10 pour l’A350 en 2026.

« Airbus est on track pour atteindre ses objectifs 2024. Au premier chef, servir nos clients car la demande est forte. Tout en travaillant sur nos capacités de production, en les optimisant et en les modernisant. Une démarche qui s’accompagne d’un monitoring rigoureux de notre supply chain. Enfin, nous continuons à investir sur nos programmes de digitalisation et de décarbonation », conclut Guillaume Faury.
Photo: Guillaume Faury, président exécutif d’Airbus © Airbus, photo JV. Reymondon